A Carcassonne samedi 10 janvier à 12 h près de 500 personnes se sont rassemblées à la Porte des Jacobins et ont défilé jusqu'au "rocher de la lutte" boulevard Jean
Jaurès.
Une porte parole de la communauté musulmane,des représentants du Mouvement de la Paix, du MRAP et des Missions civiles en Palestine sont intervenus.
A Narbonne une cinquantaine de personnes se sont rassemblées à la sous préfecture le même jour à 11h et ont créé un collectif "palestine".
Ci-dessous l'intervention du représentant du Mouvement de la Paix
Chers amis,
Au moment où nous parlons en toute quiétude, ici à la porte des Jacobins, la population de Gaza vit la peur au ventre sous les
bombes israéliennes.
Je voudrais dire aux gazaouis, en votre nom à tous, que nous compatissons à leurs souffrances et que nous les assurons de notre
pleine et entière solidarité.
Nous voulons leur dire aussi que nous condamnons avec la plus grande fermeté leurs bourreaux et leurs complices qui leur
infligent un supplice inhumain depuis 15 jours.
Nos pensées vont aussi vers nos amis pacifistes et progressistes israéliens qui se mobilisent avec courage dans des conditions
extrêmement difficiles contre la politique criminelle de leurs dirigeants. Et ce malgré une opinion publique chauffée à blanc par les boutefeux et les médias va t’en guerre de leur
pays.
Nous saluons les milliers de manifestants qui refusent de cautionner le carnage que l’on essaye de leur présenter comme une
guerre de survie.
Ils étaient 1500 devant le ministère de la défense à Tel Aviv le 27 décembre lors du déclenchement des bombardements sur
Gaza.
Ils étaient 50 000 à manifester samedi dernier à Sakhnin en Galilée. Ils étaient 8 000 à Tel Aviv à l’appel de la
coalition des mouvements contre l’occupation.
Même à Sdérot, ville cible des roquettes du Hamas, des centaines de manifestants ne croient pas que leur sécurité viendra du
massacre de leurs voisins palestiniens.
Evidemment toutes ces informations vous ne les entendrez pas dans nos médias qui ramènent le plus souvent le drame de Gaza à un
« dos à dos » entre Israël et le Hamas et n’y consacre qu’une part limitée de leurs informations, bien loin derrière les intempéries de la saison hivernale.
Malgré cette falsification le mouvement populaire d’indignation et de protestation ne cesse de prendre de
l’ampleur.
En effet comment ne pas être horrifié devant le carnage qui résulte de l’offensive meurtrière de Tsahal qui a fait déjà plus de
800 morts et des milliers de blessés dont un tiers d’enfants ; qui détruit systématiquement toutes les infrastructures de Gaza et n’hésite pas à pilonner les écoles, les hôpitaux ou les
convois de ravitaillement ?
Comment ne pas être scandalisé par la complaisance voire la complicité des dirigeants des grandes puissances qui n’ont pas un
mot pour condamner avec fermeté cette politique monstrueuse ?
Certes la France et l’UE n’ont pas toutes les clés pour résoudre le conflit. Mais l’impunité et la bienveillance dont
bénéficient les dirigeants israéliens, depuis des décennies, les encouragent à mépriser le droit international et à opprimer tout un peuple en mettant en péril la paix, la stabilité et la
sécurité dans toute la région.
En refusant de dialoguer avec le Hamas, en coupant les vivres à l’Autorité Palestinienne, en permettant à Israël de bafouer
toutes les règles internationales et les droits humains les plus élémentaires, en tolérant la colonisation, les gouvernements des grandes puissances ont créé les conditions d’une confrontation
qui font le jeu des extrémistes de tous bords.
Oui il faut combattre le terrorisme mais à qui fera-t-on croire qu’il peut être terrassé efficacement et durablement par une
intervention militaire ?
A qui fera-t-on croire que la centaine d’enfants morts sous les bombes ces derniers jours étaient des
terroristes ?
Oui la solution restera compliquée au Proche Orient tant que la force, le militarisme et la violence resteront la priorité des
protagonistes.
Israël, cinquième puissance militaire mondiale, disposant de toute la panoplie en matière d’armement, des armes
conventionnelles sophistiquées en passant par les armes chimiques, bactériologiques et nucléaires, peut anéantir le peuple palestinien mais il n’assurera pas sa propre sécurité.
Il n’y a pas de solution militaire. La seule solution est connue de tous, c’est la création, enfin, d’un Etat Palestinien
viable dans des frontières reconnues et vivant côte à côte avec l’Etat d’Israël.
Mais dans l’immédiat il faut obtenir un cessez le feu effectif et garanti par la communauté internationale, la levée du blocus
de Gaza et une aide massive et rapide à la population confrontée à une véritable catastrophe humanitaire.
Aujourd’hui l’heure est au rassemblement de toutes les femmes et de tous les hommes de bonne volonté qui veulent mettre au plus
vite un terme à l’horreur.
C’est l’ampleur des manifestations en France et dans le monde qui contribuera à arrêter la tuerie.
Alors chers amis, plus que jamais restons unis et mobilisés.